Second régime de vol
Parmi les accidents d’avions légers pour lesquels le BEA a ouvert une enquête entre 2019 et 2025, près d’une vingtaine sont attribués, de manière probable ou avérée, aux conséquences d’une évolution prolongée au second régime de vol. Cela représente 4 % des accidents d’avion de masse maximale au décollage inférieure à 2,25 t, en France, sur cette période. Ces accidents constituent toutefois 15 % des accidents mortels et contribuent à 21 % des victimes pour cette catégorie d’aéronef.
Ces accidents surviennent principalement dans deux contextes de vol :
• dans une phase normalement transitoire partant d’une faible vitesse (décollage ou interruption de l’approche ou de l’atterrissage) ;
• lors d’évolutions en région montagneuse.
Contrairement au décrochage, dont les manifestations sont généralement bien identifiées, le passage au second régime peut se faire de manière progressive. Le pilote conserve alors l’impression de maitriser son avion alors même que celui-ci évolue à une incidence élevée, avec un excédent de puissance devenu insuffisant pour accélérer et monter, avec parfois une faible réserve d’énergie.
Le second régime de vol est une notion abordée lors de la formation initiale des pilotes d’avion. Pourtant, les récentes enquêtes ont souvent mis en évidence des situations au cours desquelles les pilotes évoluaient au second régime sans en avoir conscience. Les témoignages recueillis auprès des pilotes montrent que plusieurs d’entre eux n’ont pas identifié qu’ils évoluaient au second régime de vol. Les difficultés rencontrées ont souvent été interprétées comme un manque de puissance moteur et une incapacité de l’avion à monter, sans que le lien avec l’évolution à forte incidence au second régime de vol ait été établi.
La présente étude a pour objectif de :
• rappeler les principales notions théoriques associées aux régimes de vol, les symptômes du second régime de vol et les actions nécessaires pour en sortir ;
• présenter les principaux contextes d’entrée au second régime de vol, les menaces et risques associés, ainsi que les facteurs contributifs les plus courants ;
• proposer des pistes de réflexion sur la formation des pilotes, en présentant les limites des méthodes pédagogiques actuelles au regard des situations réelles d’entrée au second régime de vol.