L'année 2020

Le rapport d’activité du BEA s’adresse principalement à deux catégories de lecteurs : d’une part les contemporains, d’autres part ceux qui, dans un avenir plus ou moins proche y trouveront un intérêt historique.

Si c’est inutile pour les premiers, il est peut-être nécessaire de rappeler pour les seconds que l’année 2020 a été, pour le monde en général, et pour la communauté de l’aviation civile en particulier, ce que l’on appelle généralement une « annus horribilis ». La pandémie liée à l’infection au coronavirus (COVID 19) a conduit de nombreux États à mettre en place des mesures de confinement et de restrictions de déplacements - notamment les déplacements internationaux - induisant une chute brutale de l’ordre de 70 % du trafic commercial, et des périodes d’arrêt total ou partiel des vols d’aviation générale.

Si le fonctionnement du BEA a été très perturbé par cette situation, son niveau d’activité a globalement pu être maintenu, grâce à la mobilisation et à la grande adaptabilité de ses personnels.

Le nombre d’enquêtes ouvertes, et surtout de Représentants accrédités nommés auprès des autorités d’enquête étrangères, a certes baissé, mais les ressources ainsi libérées ont pu être réaffectées pour l’avancement des enquêtes en cours. On note par ailleurs que la baisse des nombres d’enquêtes ouvertes est moins importante que ce à quoi l’on aurait pu s’attendre. Cela s’explique notamment par le fait que, contrairement à ce qui a été observé pour l’aviation commerciale, l’activité de l’aviation générale a été relativement épargnée, les périodes de confinement national ayant été compensées par un surcroît d’activité, et malheureusement également d’accidents mortels, pendant les autres périodes.

J’ai tenu à ce que ce rapport d’activité décrive en détail l’organisation adoptée lors de la première phase de confinement, du 17 mars au 10 mai 2020. Cette description apparaît sous forme de focus dans les différents chapitres. L’organisation, qui s’est mise en place avec rapidité, a bien sûr été basée sur le télétravail, pratiqué par la quasi-totalité des agents, moyennant parfois quelques adaptations. À l’issue du premier confinement, elle a été adaptée lors des périodes intermédiaires puis de renforcement des mesures sanitaires.

Au total, le bilan que l’on peut dresser de l’activité du BEA pour cette année peu commune est finalement assez positif. La publication des rapports d’enquêtes a connu un niveau record, le stock d’enquêtes en cours a été considérablement réduit, et la durée moyenne des enquêtes a été diminuée. L’amélioration des indicateurs de performance du BEA est notable.

Sur le plan qualitatif, le BEA, comme l’ensemble des acteurs de l’aviation civile, s’est bien entendu posé la question des effets de la situation sanitaire et de la baisse de l’activité sur le niveau de sécurité. Pour ce qui concerne l’aviation générale, une première analyse des enquêtes ouvertes ne semble pas, pour l’instant, permettre de dégager de tendance particulière. Pour ce qui est de l’aviation commerciale, on relève quelques incidents pour lesquels la situation sanitaire peut être considérée comme un facteur contributif, mais jusqu’à présent les conséquences en ont été maîtrisées ou limitées. Il est possible que ces éléments plutôt rassurants soient le résultat d’une conscience collective des risques engendrés par cette situation exceptionnelle, et des différentes actions menées par les acteurs de la sécurité pour les prévenir ou les limiter, notamment au travers des SGS et des PSE. Il convient, en tout état de cause, de rester prudent car, à l’heure de la rédaction de ce rapport d’activité, le trafic est encore très dégradé, et il serait très hasardeux de prévoir un calendrier pour un retour à la normale.

Pour terminer, je tiens à souligner l’engagement et la disponibilité de tous les agents du BEA, qui ont su se mobiliser, malgré les conditions très difficiles de cette année 2020.

Qu’ils soient, encore une fois, chaleureusement remerciés.

Ils peuvent être fiers de leur travail !

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Rémi Jouty,
Directeur du BEA