Accident du Cirrus SR22 immatriculé F-HUGE survenu le 10/12/2018 à Beaubery (71)

Progression de l'enquête Cloturée
Progress: 100%

Rapport d'Enquête cat.2 : rapport de format simplifié, adapté aux circonstances de l'événement et aux enjeux de l'enquête.

Le pilote, accompagné de deux passagers dont un pilote instructeur assis en place avant droite, a entrepris un vol VFR entre l’aérodrome de Lognes-Émerainville et celui de Villefranche-Tarare, pour des raisons professionnelles.

 Les conditions météorologiques annoncées et réelles compromettaient aussi bien la réalisation d’un vol VFR intégralement sous la couche nuageuse en raison du relief, que la réalisation d’un vol VFR « on top » en raison des conditions à destination qui ne permettaient pas de garantir la descente en sécurité. La poursuite du vol dans des conditions météorologiques dégradées a demandé des adaptations de stratégie.

 La première moitié du vol a été réalisée sous la couche nuageuse. Vers la mi-parcours, le pilote a débuté une descente probablement pour rester en vue du sol. L’élévation du relief ne lui permettant plus de suivre le cap, le pilote est passé au-dessus de la couche nuageuse et il est remonté jusqu’au FL075. Il a poursuivi le vol après que le passager en place droite a pris les conditions météorologiques des aérodromes de Lyon-Bron et de Saint-Yan auprès du contrôleur du SIV de Clermont. Ce dernier l’a invité à la prudence et le passager en place droite lui a répondu que si ça ne passait pas, ils reviendraient en arrière et descendraient. L’utilisation du pilote automatique lors de cette première partie du vol suggère que le pilote maitrisait ses différents modes d’utilisation.

 Le passager en place droite a, par la suite, demandé les conditions météorologiques sur l’aérodrome de Valence-Chabeuil. Il est possible qu’avec le pilote, ils aient envisagé un déroutement.

 À 48 NM de la destination, le pilote a débuté une descente vers le FL045. L’enquête n’a pas permis de déterminer la raison de ce choix alors que l’avion était au-dessus de la couche nuageuse.

Dans les cinq minutes qui ont suivi, le pilote a effectué une altération de cap et a manipulé à de nombreuses reprises les réglages du pilote automatique (altitudes et vitesses verticales sélectionnées). Il a probablement traversé une couche nuageuse. En l’espace de trente secondes, le pilote a réglé une descente vers le FL030, puis une remontée vers le FL080 avant d’enchaîner un virage à forte inclinaison, surpassant le pilote automatique, qu’il a déconnecté.

 À une altitude de 4 500 ft, le pilote a réalisé, en pilotage manuel plusieurs virages. Il a très probablement fait face à une nébulosité morcelée voire soudée, accompagnée d’averses. Au cours de ces manœuvres, probablement sans références visuelles extérieures, l’assiette de l’avion n’était pas stabilisée. Lors d’un virage, le pilote a très probablement perdu le contrôle de l’avion qui est entré en collision avec le sol avec une forte énergie, environ 2 600 ft plus bas.

 Au cours du vol, il a été fait appel au pilotage manuel à plusieurs reprises, notamment lors d’évolutions en virages plus serrés que ne le seraient des virages réalisés au pilote automatique. Ceci pourrait correspondre à des phases d’évitement de masses nuageuses. En deuxième partie du vol, les évolutions de trajectoire, réalisées sous pilote automatique, en manuel ou en contrant le pilote automatique, sont plus fréquentes et pourraient témoigner des difficultés croissantes ressenties par le pilote pour conduire le vol. La dernière partie du vol est entièrement réalisée en pilotage manuel, probablement sans références visuelles extérieures. Il n’a pas été possible de préciser qui était aux commandes lors des phases de pilotage manuel.

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