Accident du Jodel DR250-160 immatriculé F-GHTJ survenu le 05/08/2017 à Belle-Île (56)

Progression de l'enquête Cloturée
Progress: 100%

Note : Les informations suivantes sont principalement issues du témoignage du pilote. Ces informations n'ont pas fait l'objet d'une validation indépendante par le BEA.

 

1 - Déroulement du vol

Au départ de l’aérodrome de Belle-Île, le pilote entreprend un vol de navigation d’environ 350 NM vers l’aérodrome de Bourg-Ceyzériat (01), base de l’aéronef. Il prévoit de faire escale sur l’aérodrome de Châteauroux-Déols (36) afin d’avitailler. Son épouse, également pilote, l’accompagne, installée en place droite.

Après la mise en route, il remonte la piste revêtue afin de s’aligner au seuil de piste 06[1]. Il a connaissance notamment du METAR de Lorient qui indique un vent n’excédant pas 10 kt et variable entre le 280° et 10°. Lors de la remontée de piste, il indique qu’il a conscience d’un vent fort.

Il effectue le décollage en maintenant le manche dans le vent et en secteur arrière. Dès le début du roulement, l’avion dévie vers la gauche dans le lit du vent. Après environ 200 m de roulement, le pilote ne parvient pas à contrer la déviation de la trajectoire malgré une action forte sur le palonnier et l’avion quitte la piste. Le pilote décide d’interrompre le décollage, réduit les gaz et place la commande de mélange sur étouffoir. L'avion roule dans l’herbe puis effectue un cheval de bois ; la jambe du train d’atterrissage droit se rompt.

2 - Renseignements complémentaires

2.1 Conditions météorologiques

Selon une estimation produite par Météo-France, les conditions météorologiques locales lors de l’événement étaient les suivantes :

  • Vent : 320°/10 à 15 kt avec rafales maximales sur une durée de dix minutes venant du 320° au 330° et pouvant atteindre 15 à 20 kt.

D’autres observations étaient consultables via internet[2] pour la station de Belle-Île Le Talut. Il s’agit d’un sémaphore situé à environ deux kilomètres de l’aérodrome. Le pilote n’avait pas connaissance de cette source d’information. Les valeurs de vent y sont mesurées à dix mètres au-dessus du sol :

  • À 10 h 30 les observations indiquaient un vent du 320° pour 12,4 kt avec des rafales maximales sur une durée de dix minutes pouvant atteindre 18 kt.
  • À 11 h, le vent était du 320° pour 11 kt avec des rafales maximales sur une durée de dix minutes pouvant atteindre 16 kt.

2.2 Renseignements sur le pilote

Le jour de l’accident, le pilote, propriétaire de l’aéronef, était âgé de 63 ans. Il était titulaire d’une licence de pilote PPL(A) depuis mai 2009, en cours de validité et avec la variante TW (train classique) depuis août 2012.

Il totalisait 223 heures de vol dont 70 sur DR 250. Il avait réalisé environ dix heures de vol dans les trois mois précédant l’accident dont environ huit sur DR 250 et cinq dans les trente derniers jours également sur ce type d’aéronef.

Considérant le déroulement de cet événement, il pense ne pas avoir suffisamment tenu compte de la force du vent traversier au moment du décollage et des limitations de l’aéronef qui lui sont associées[3]. Il estime qu’un report du départ aurait été pertinent.

 


[1] QFU 062°, dimensions 660 m x 25 m.

[2] Informations dont la source est Météo-France disponibles sur plusieurs sites avec une actualisation heure par heure.

[3] Selon le manuel de vol, la vitesse limite de vent de travers pour cet avion à train classique est de 20 kt.