Accident du Robinson R44 immatriculé F-HRAN survenu le 25/05/2019 à Château de Chenonceau (37)

Progression de l'enquête Cloturée
Progress: 100%

Note: Les informations suivantes sont issues principalement du témoignage du pilote. Ces informations n’ont pas fait l’objet d’une validation indépendante par le BEA.

 

1 - Déroulement du vol

Le pilote accompagné d’un passager, décolle à 14 h 20 de l’aérodrome de Toussus-Le-Noble (78), vers l’aérodrome de Chavenay (78) afin d’y embarquer deux autres passagers pour aller visiter le château de Chenonceau.À l’arrivée après 1 h 30 de vol en VFR, le pilote fait une reconnaissance de l’aire d’atterrissage, une grande prairie sur laquelle il vient atterrir pour la première fois. Il observe que le sol est en devers. À l’issue de l’approche, en stationnaire, face à la pente dans le sens de la montée, le pilote baisse la commande de pas collectif pour que l’avant courbé des patins entre en contact avec le sol. Il continue de le baisser pour poser toute la longueur des patins sur le sol en pente. Dans le même temps, il pousse le manche cyclique vers l’avant pour maintenir le disque rotor parallèle à l’horizontale afin d’empêcher l’hélicoptère de glisser vers l’arrière.

À cet instant, il sent l’hélicoptère prendre brusquement une assiette à cabrer suivie d’une montée aussi brusque de l’arrière de l’hélicoptère, du contact de la partie basse du nez de l’hélicoptère et des pales du rotor principal en avant de lui avec le sol. Pour plaquer l’hélicoptère au sol, il baisse immédiatement le manche du pas collectif. L’hélicoptère, après une rotation de 120° environ vers la gauche, s’immobilise sur ses patins. Le pilote fait évacuer les passagers.

2 - Renseignements complémentaires

Le pilote, titulaire d’une licence de pilote privé hélicoptère PPL (H) depuis 2008 et d’une licence de pilote commercial hélicoptère CPL (H) depuis 2011, totalisait 307 heures de vol dont 73 sur R44 depuis cinq ans toutes sur le type. Des atterrissages sur sol en devers ont été réalisés lors de sa prorogation effectuée en mars 2019. Il indique que le seul atterrissage réalisé sur sol en devers avec quatre personnes à bord date de trois ans.

Le pilote indique qu’au premier contact avec le sol, il n’a probablement pas mis assez de manche de pas cyclique vers l’avant ou qu’il a tardé à le faire. Surpris par le basculement de l’hélicoptère vers l’arrière, que le pilote a pu ressentir comme un cabré de l’hélicoptère, il a alors agi de façon réflexe en mettant un « coup de manche » vers l’avant et en tirant sur la commande de pas collectif. Perdant le contrôle de l’hélicoptère, le pilote a probablement voulu plaquer l’hélicoptère au sol.

Le centrage de l’hélicoptère avec quatre personnes à bord a pu perturber le pilote en modifiant ses repères habituels de position des commandes de vol.

L’atterrissage d’un hélicoptère sur un sol en devers présente ponctuellement une charge de travail élevée, en particulier pour un pilote qui n’y est pas familier. Cet exercice nécessite d’éviter tout sur-contrôle sur les commandes de vol.