Accident d'un Rolladen Schneider LS6 immatriculé F-CGUG survenu le 15/03/16 à Saint-Alban Leysse (73)

Progression de l'enquête Cloturée
Progress: 100%

1 - DÉROULEMENT DU VOL
Le pilote décolle en remorqué vers 14 h 55 de l’aérodrome de Chambéry Challes?les?Eaux (73). Il évolue pendant près d’une heure à l’est et au nord de l’aérodrome, puis décide de rentrer. Il prend un cap au sud et longe le versant ouest du Mont Revard orienté nord-sud, sous la crête.

Soumis à de fortes descendances, il est contraint d’effectuer un atterrissage en campagne. Il choisit un terrain situé dans une zone urbaine entre deux lotissements, à 2 500 mètres du seuil de piste 14 de l’aérodrome de Chambéry Challes-les-Eaux. En courte finale, il évite une ligne haute tension en passant au-dessus, ce qui le gène dans la réalisation de l’arrondi. L’aile droite heurte le sol en premier et le planeur effectue un cheval de bois.

2 - RENSEIGNEMENTS COMPLÉMENTAIRES
2.1 Conditions météorologiques

Les conditions météorologiques estimées sur le site de l’accident étaient les suivantes :

  • vent du 040° pour 15 kt avec des rafales à 25 kt ;
  • nuages épars à 6 000 ft ;
  • température 7 °C

Un vent de secteur nord-est était établi dans la région. Il générait des descendances
sur le versant ouest des reliefs. Avant le décollage, le pilote avait eu connaissance des
conditions de vent.

2.2 Renseignements sur le pilote
Le pilote, âgé de 61 ans, était détenteur d’une licence de pilote de planeur depuis 2008. Il totalisait 870 heures de vol dont 135 sur type, cinq dans les trois mois précédents dont deux sur type et aucune dans les dernières 24 heures.

2.3 Témoignage
Le pilote indique que le vol était agité et soumis à des turbulences. Après avoir atteint l’altitude de 2 000 mètres, il a fait demi-tour pour rejoindre l’aérodrome de Chambéry Challes-les-Eaux. Il précise que pendant le retour les descendances étaient importantes, l’aiguille du variomètre étant en butée basse(1). Après avoir fini de survoler le relief, alors que le planeur avait une hauteur d’environ 100 mètres, le pilote a effectué un atterrissage en campagne (point7) au cours duquel il a été gêné par une ligne électrique haute tension.

3 - ENSEIGNEMENTS ET CONCLUSION
Le versant ouest du Mont Revard était soumis à de fortes descendances dues au vent de nord-est.

Lorsque le pilote a évolué à proximité de ce versant, le planeur a rapidement perdu de l’altitude. Le pilote a alors décidé de faire demi-tour. Il a continué à longer ce relief vers le sud. Le taux de descente du planeur, alors sous la crête, a fortement augmenté. Le pilote avait encore la possibilité de s’éloigner du relief et de se dérouter vers l’aérodrome de Chambéry Aix-les-Bains, situé à proximité.

Il a cependant poursuivi à destination en restant à proximité du relief et a été contraint d’effectuer un atterrissage en campagne. Il a retardé cette décision et n’a pas pu choisir un champ adapté. Lors de l’arrondi, gêné par des obstacles, il a perdu le contrôle du planeur après que l’aile droite a touché le sol.

L’accident est dû au choix inadéquat de la trajectoire de retour vers l’aérodrome par le pilote et à la décision tardive d’effectuer un atterrissage en campagne.

(1)Le taux de descente est alors inférieur à -5 m/s.

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