Anomalie de contrôle en roulis

Progression de l'enquête Cloturée
Progress: 100%

Vol Périgueux Bassillac (24) - Mende Brenoux (48).

 

Le pilote indique qu'il vient d'être embauché par la société de travail aérien exploitant l'avion, basée àPérigueux, afin d'effectuer des vols de surveillance des feux de forêts. La veille, il avait effectué un vol en double commande avec un instructeur afin de se familiariser avec l'avion. Il lui avait été dit que le pilote automatique était inopérant ce qui n'était pas gênant pour les vols effectués qui ne justifient pas d'y avoir recours. A la suite de ce vol, il avait effectué une navigation de Mende vers Périgueux avec le gérant de la société.

 

Il explique que le jour de l'incident, il effectue le vol retour vers Mende, aéroport au départ duquel sont effectués les vols d'observation. En croisière à environ 6 NM au sud de Brive Souillac (19), à une altitude de 2 800 ft en ciel clair, une brusque turbulence provoque un mouvement en roulis jusqu'à atteindre une inclinaison d'environ 60° à gauche. Le pilote exerce une action à droite sur la commande de roulis pour contrer le mouvement. Il remarque qu'il doit exercer un effort soutenu pour contrôler l'inclinaison. Le pilote ne détecte pas d'anomalie en regardant les ailerons et les volets. Il envisage une activation intempestive du pilote automatique sans pouvoir le confirmer de manière certaine. Il se souvient que la pinnule du cap était centrée. De légères turbulences et les difficultés de pilotages auxquelles il est confronté le conduisent à interrompre le vol en se déroutant vers Brive. Le pilote déclare une situation d'urgence auprès de SIV de Limoges. Les anomalies observées sur le

contrôle en roulis persistent pendant l'approche et l'atterrissage.

 

Le pilote précise que le pilote automatique utilise des soufflets pneumatiques pour actionner les gouvernes. L'alimentation pneumatique est commandée par un levier situé sur le pylône au centre de la cabine. A l'arrivée du mécanicien de la société venu examiner l'avion, cette commande est retrouvée dans la position ouverte. Le disjoncteur électrique qui alimente le calculateur du pilote automatique était enfoncé.

 

Le mécanicien explique que l'interrupteur de mise sous tension du pilote automatique était sur ON à son arrivée. Il précise que l'avion avait été acheté par la société quelques années auparavant et qu'une tendance du pilote automatique à virer à gauche avait été signalée.

 

Le pilote ajoute qu'il a effectué un vol de contrôle avec le mécanicien au cours duquel le pilote automatique a été volontairement activé. Le pilote a observé les mêmes symptômes que précédemment. Après le vol, le disjoncteur a été tiré et le levier d'alimentation en air fermé.

 

Le gérant de la société se souvient que lors du vol de la veille, de Mende à Périgueux, la commande d'alimentation en air était ouverte. Elle était probablement dans la même position au départ du vol de l'incident. Il pense que l'incident aurait pu être évité par une meilleure information du pilote sur le fonctionnement du pilote automatique. L'utilisation de cet avion par un nouveau pilote étant une situation rare, le processus de familiarisation et de lâcher n'est pas suffisamment formalisé, ce qui

rend possible les oublis.

 

Une photo du boitier du pilote automatique et du pylône central montre plusieurs interrupteurs permettant d'agir sur les modes latéraux du pilote automatique. Leurs fonctions n'ont pas pu être précisément établies.

 

Conclusion : L'incident est dû à la non désactivation du pilote automatique alors que son fonctionnement est douteux.

A pu contribuer à l'incident une formation insuffisante du pilote aux particularités de l'aéronef lors son embauche.