Diminution de la puissance du moteur en remise de gaz, demi-tour face au relief, décrochage, collision avec le sol, en examen

Progression de l'enquête Cloturée
Progress: 100%

Lors d'un vol d'épreuve pratique d'aptitude pour la licence de pilote privé avion, l'examinateur et le candidat réalisent un exercice d'atterrissage en campagne. A la fin de l'exercice lors de la remise en puissance, l'instructeur constate que l'avion ne prend pas de hauteur et que le régime du moteur n'est pas nominal. Il prend les commandes, fait demi-tour face à un relief en forte pente, l'aéronef décroche par la gauche et entre en collision avec le sol. L'accident s'est produit après plus de quatre heures de vol d'épreuve.

L'enquête a montré que l'examinateur s'est placé dans une configuration qui l'exposait à la survenue d'une perturbation de nature imprévue compromettant sa capacité à maintenir le niveau de sécurité du vol. Lors de la remise des gaz, une défaillance de la magnéto gauche a probablement entraîné une diminution de la puissance maximale disponible. L'examinateur n'a pas immédiatement perçu les conséquences d'une limitation de puissance dans un environnement montagneux et a décidé d'effectuer un demi-tour face au relief. Le décrochage est dû à la réalisation d'une manœuvre à puissance réduite dans un environnement inadapté à la réalisation d'un exercice à faible hauteur.

La gestion d'une diminution partielle de puissance est une situation qui demande une analyse et une prise de décision rapide et plus complexe de la part du pilote. Celui-ci doit évaluer l'importance de la panne tout en assurant la conduite du vol. Il doit choisir entre l'atterrissage en campagne et la poursuite du vol en évaluant la dégradation des performances de l'avion et en prenant en compte l'environnement du vol.

Causes de l'accident

Le décrochage est dû à la réalisation d'une manœuvre à puissance réduite dans un environnement inadapté à un exercice à faible hauteur.

Ont contribué à l'évènement :

- la durée importante de la partie navigation de l'épreuve liée à la spécificité de la Martinique (un seul aérodrome sur l'île) et à la vitesse de croisière du Cessna 150 ;

- la volonté de l'examinateur de rendre le vol d'épreuve pédagogique, ce qui a entraîné une modification du profil de vol prévu et un allongement de sa durée ;

- la décision de ne plus rallonger l'épreuve qui durait depuis plus de quatre heures ;

- l'état d'usure de la magnéto gauche, qui a probablement empêché le moteur d'atteindre son régime de puissance nominal lors de la remise de gaz.

 

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