Perte de contrôle lors d'une simulation de course à faible hauteur, collision avec le sol

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Evénement : perte de contrôle lors d'une simulation de course à faible hauteur, collision avec le sol.

 

Circonstances :

Les organisateurs d’une manifestation publique de grande ampleur projettent d’intégrer au programme une course d’avions « Racer » pour la première fois en France. Ils obtiennent l’autorisation de la Direction de l’Aviation Civile sous certaines conditions :

 

- La course est transformée en simulation de course avec seulement des dépassements programmés en ligne droite. Les avions les plus rapides partent les derniers. Ils rattrapent et dépassent les autres. Le F-PYZK en fait partie.

- Six repères (pylônes) de couleurs vives matérialisent une trajectoire en hippodrome d’environ 4 000 m de longueur.

- La hauteur d’évolution habituelle de 50 pieds est portée à 160 pieds et le sens de virage (main droite) est différent du sens de virage habituel des entraînements précédents, en raison du relief du site et de la position des spectateurs sur une partie de l’aérodrome.

 

Le jour de l’accident, le pilote effectue un entraînement reproduisant le scénario qu’il a établi avec quatre autres participants. Ils décollent à 12 h 25 pour réaliser six tours. Des témoins indiquent que lors du dernier tour, sur la fin d’une partie rectiligne du circuit, à une hauteur d’environ 200 pieds, l’avion cabre légèrement, effectue deux tours suivant l’axe de roulis puis pique vers le sol. Il s’écrase et prend feu.

L’examen de l’épave montre que le moteur délivrait de la puissance et que les gouvernes, en place, sont reliées aux commandes. Le corps du pilote est sur son siège. La boucle métallique du harnais cinq points est en position. Aucun dysfonctionnement mécanique n’a été mis en évidence.

 

Le rapport d’examen de la victime ne précise pas si celle-ci est décédée avant la collision avec le sol. Selon son médecin, titulaire d’un agrément aéronautique, le pilote ne présentait pas de pathologie susceptible d’être en lien avec l’accident.

 

Le pilote était :

- vice-président et trésorier de l’Association des Pilotes d’Avions de Formule (APAF),

- l’interlocuteur privilégié des personnels de l’Aviation Civile qui supervisaient la manifestation, notamment du directeur des vols,

- en charge de la conformité de cette présentation « racers » au cadre réglementaire.

 

Le pilote se portait garant pour ses collègues du niveau de pilotage et du respect de la réglementation.

 

L’APAF dispose d’un manuel d’activités particulières qui impose pour chaque pilote la possession d’une déclaration de niveau de compétences valide pour pouvoir participer aux courses. Un vol de répétition devait permettre aux pilotes de détenir l’expérience récente pour réaliser la simulation de course.

 

Un premier vol d’entraînement a eu lieu la veille en fin de journée. Le directeur des vols a refusé de le valider en raison des imprécisions de pilotage, du non respect de la hauteur du circuit et de l’atterrissage d’un des pilotes à contre QFU. Il a proposé un nouveau vol de répétition pour le lendemain juste avant le début de la manifestation.

 

Des témoins indiquent que le repas de la veille au soir s’est terminé vers minuit, que le pilote a ensuite élaboré le scénario du vol du lendemain pour le remettre au directeur des vols. A la suite d’un petit-déjeuner pris vers 7 h 30, les pilotes se sont retrouvés sur l’aérodrome vers 8 h 00. Ils ont assisté au briefing général à 10 h 00 puis au briefing « racers » à 11 h 00. Ils ont débuté le vol sans avoir pris d’autre repas.

 

Un enregistrement vidéo d’un vol précédent montre que le F-PYZK s’inclinait plus fortement en virage que les autres avions, induisant un facteur de charge plus important. Ce vol effectué à grande vitesse et à faible hauteur exige une attention soutenue de la part des pilotes ainsi que des ressources physiques importantes.

 

Il n’a pas été possible de déterminer les causes de l’accident.

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