Accident du Morane Saulnier MS733 immatriculé F-AZXU le 06/06/2025 à proximité de l'AD Rochefort - Charente-Maritime (17)
Départ involontaire en vrille, collision avec le sol, lors d’une manifestation aérienne
Le vendredi 6 juin vers 9 h 30, le conseiller de sécurité aérienne a dispensé un briefing aux équipages pour rappeler l’organisation, la météo et les points de sécurité. Une répétition sans incident a ensuite eu lieu pour tous les pilotes.
À 14 h 16, le pilote du Morane Saulnier a décollé de la piste 30 avec un vent du 230 pour 10
à 15 kt. La présence de ce vent de travers, proche de la limite pour le décollage du MS 733, associé à de la turbulence, a pu augmenter la difficulté de la présentation en vol pour le pilote. Ce dernier l’a débutée conformément à son programme. À la fin de sa troisième figure, un passage en « S », le pilote a rejoint une position aux environs de la fin de vent arrière, où, contrairement à son programme, il a entamé un virage par la gauche. Ce virage lui a laissé moins de place pour revenir sur l’axe de présentation, matérialisé par l’axe de piste.
Lors de ce virage avec le vent de secteur arrière, le pilote a probablement voulu réduire le rayon de virage pour ne pas dépasser l’axe. De ce fait, il a probablement porté son attention sur la gestion de sa trajectoire au détriment de la surveillance des paramètres de vol. Les actions aux commandes ont provoqué un dérapage suivi d’une augmentation progressive de l’assiette et donc de l’incidence. L’avion est entré en vrille à gauche, puis après un tour et demi, l’avion est sorti de vrille. Il est ensuite entré en vrille secondaire à droite jusqu’au sol.
Durant ces deux vrilles, le pilote a maintenu une action à cabrer, et a réagi par une action en roulis à l’opposé de la vrille. Ces actions inappropriées ont entretenu la vrille jusqu’au sol. La faible hauteur de vol laissait peu de temps au pilote pour récupérer le contrôle de l’avion.
L’enquête n’a pas permis d’exclure la possibilité d’une rupture de la biellette de commande des volets en vol. Cette rupture est susceptible d’entraîner une sortie partielle des volets de courbure de l’aile gauche qui, rendus libres, peuvent créer une dissymétrie de portance favorisant la perte de contrôle.